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le 08/06/2018 à 14:15
Insriptions 1ère Communion - Rappel
Il est encore possible d'inscrire les enfants nés en 2010 au parcours de préparation à la Première Communion: jusqu'au 31 juillet 2018 au presbytère de Hirsingue ...
le 29/10/2017 à 21:36
Visite pastorale autour de la tente de la Rencontre - A FELDBACH, du 16 au 22 JUILLET 2018
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NOUVELLE EVANGELISATION : Méditation du Diocèse AVIGNON !      

Nouvelle évangélisation : donner du temps au temps !

Cf :journal la CROIX du 8/9/12)

Forum Alex et MAud lAuRiot PRevost, délégués épiscopaux à la Nouvelle évangélisation (diocèse d’Avignon)
DECOTTIGNIES

Pour Jean-Paul II, puis Benoît XVI, la nouvelle évangélisation est le fruit mûr et abouti du concile Vatican II : elle établit selon eux une puissante synthèse entre la tradition apostolique bimillénaire de l’Église et le renouveau conciliaire. En effet, elle est en germe dans tous les textes conciliaires ; elle a été portée sur les fonds baptismaux lors de la publication de l’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi de Paul VI en 1975 ; elle a été la ligne conductrice de l’enseignement et de l’action apostolique de Jean-Paul II ; elle est officiellement reconnue comme la ligne pastorale centrale de l’Église au début du troisième millénaire (Novo Millennio Ineunte) et confirmée en cela par le synode qui va lui être consacré en octobre prochain, date explicitement retenue pour marquer le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile. Près d’un demi-siècle pour en arriver à cette étape… et sans doute faudra-t-il encore du temps pour que la nouvelle évangélisation imprègne effectivement tout le terrain de l’action apostolique de l’Église.

Si la nouvelle évangélisation réveille donc légitimement une grande espérance et donc une grande énergie apostolique, il est nécessaire de garder patience, d’être lucide et de comprendre les freins, les difficultés et les résistances, que ce soit sur le terrain pastoral dans les paroisses et les diocèses, ou sur le plan intellectuel voire théologique. Comme il a fallu du temps durant ces cinquante ans pour que mûrisse peu à peu et s’expérimente de si diverses manières cette nouvelle évangélisation, il faudra encore du temps, de la pédagogie et de la patience, pour que ce don de la grâce en notre temps porte un fruit très large de bénédiction.

Sur le fond, la nouvelle évangélisation n’est en rien incompatible avec l’ensemble des pastorales, des plus singulières au plus ordinaires : Jean-Paul II ne soulignait-il pas régulièrement qu’elle est appelée à revivifier l’ensemble de la mission de l’Église et à devenir le socle de son renouvellement ? En France, le développement de la nouvelle évangélisation au cœur des diocèses ou des paroisses a souvent été quelque peu contenu en raison de certaines craintes ou résistances. Cependant, depuis une dizaine d’années, les faits illustrent que la nouvelle évangélisation investit peu à peu la pastorale courante : le développement de nouveaux parcours d’évangélisation en paroisse, comme les Cellules paroissiales d’évangélisation et surtout les parcours Alpha, le renouveau d’une pastorale explicitement évangélisatrice dans des aumôneries universitaires en sont des signes clairs ; les orientations affichées par de plus en plus d’évêques illustrent qu’émergent clairement des ambitions pastorales ancrées dans cette nouvelle évangélisation. Face aux incompréhensions, voire aux réserves ou aux résistances, son développement passera nécessairement par un effort patient et important de pédagogie.

Rien de plus logique et rien de bien nouveau dans l’histoire de l’Église que l’expression de certains freins au changement : comme l’expliquent de nombreux experts de l’histoire de l’Église, la nouvelle évangélisation n’est en fait qu’un énième réveil impulsé par l’Esprit Saint durant sa longue existence : le renouveau spirituel et missionnaire depuis cinquante ans n’est, aux yeux de l’histoire, qu’une nouvelle vague d’un mouvement constant et régulier, quasi-séculaire, dans l’Église depuis deux mille ans.

Au fil de son cheminement terrestre, l’Église universelle se renouvelle ainsi périodiquement au travers de défricheurs et d’innovateurs : aujourd’hui comme hier, ce sont bien souvent les nouveaux mouvements et communautés apostoliques qui s’aventurent sur des voix nouvelles ; une fois discernée et confirmée, la nouveauté de leurs charismes pénètre plus largement l’Église universelle et la « pastorale ordinaire », au service du peuple de Dieu. Rien de plus logique : l’Esprit Saint semble ainsi assigner dans l’Église aux mouvements et communautés un charisme de veilleur, d’incubateur et de pépinière qui, au service des autres, perçoit et discerne les appels nouveaux de l’Esprit.

Tout changement suscite des réactions, des espérances mais aussi des peurs et parfois même des jalousies. C’est donc une grande sagesse et délicatesse pastorale qui s’impose aujourd’hui à tous, sans pour autant craindre de déranger certaines pastorales qui ronronnent ou ne savent peutêtre pas se remettre en cause : « La fuite du conflit sous prétexte de communion, est parfois la norme pastorale suprême. La foi est une épée à double tranchant dit l’apôtre, et peut exiger le conflit pour le combat de la vérité et de l’amour. Un concept d’unité d’Église où l’on achète le silence intérieur par le renoncement s’avérerait trompeur », analysait le Cardinal Ratzinger.

Aujourd’hui, l’expérience montre que le développement de la nouvelle évangélisation au sein des diocèses est d’autant plus pacifié que l’évêque et les différents responsables pastoraux savent tout à la fois donner une vision, un sens à l’évolution attendue, s’impliquer activement tout en manifestant patience, pédagogie et respect pour ceux qui ont plus de difficultés. Le chemin est certes long, mais le but est clair : engager une véritable pastorale de croissance de la communauté locale des baptisés, comme ce fut le cas à toutes les époques de ferveur et de fécondité dans l’histoire de l’Église : « Le Seigneur adjoignait de jour en jour à l’Église ceux qui voulaient être sauvés  » (Ac 2, 47).

Jean-Paul II ne soulignait-il pas régulièrement que la nouvelle évangélisation est appelée à revivifier l’ensemble de la mission de l’Église et à devenir le socle de son renouvellement ?