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MESSE POUR LA FRANCE HOMELIE de notre Archevêque 2012      

L'ÉGLISE AU COEUR DE LA SOCIETE FRANÇAISE
Messe pour la France – Cathédrale de Strasbourg
8 juillet 2012

 

Prier pour la France est pour nous, croyants, un acte très important. Prier pour
la France, c'est demander à Dieu d'éclairer ceux qui ont en charge le bien commun, et en
particulier ceux qui exercent l'autorité. Prier pour la France est un acte croyant. C'est
aussi un acte solidaire et fraternel. Nous ne saurions être de bons chrétiens si nous ne
sommes pas, en même temps, de bons citoyens !
Aujourd'hui, en Alsace, tous les citoyens sont concernés, qu'ils soient français
depuis peu ou depuis de nombreuses générations, qu'ils soient croyants ou incroyants,
membres des cultes reconnus par le Concordat ou d'autres cultes récemment implantés
sur notre sol. Tous, nous sommes attachés à notre Pays et soucieux de son unité. C'est
pourquoi, en solidarité avec tous les priants des autres cultes et tous les autres citoyens,
nous prions aujourd'hui pour que la France vive dans le droit et la justice, la fraternité et
la cohésion sociale, la paix entre ses membres et entre les nations, le développement
durable et le souci des générations futures…
Notre réflexion de ce jour portera sur deux points : d'une part l'Église et l'État,
entre laïcité et solidarité, et d'autre part, dans un contexte de crise, quels repères pour
notre société ?
 L'Église et l'État, entre laïcité et solidarité
Durant ces dernières décennies, nous sommes entrés, en France, dans une
période de laïcité apaisée. Après les années d'opposition entre l'Église et l'État, les
antagonismes se sont considérablement réduits, laissant place à une confiance nouvelle
et à des collaborations. L'Église catholique a intégré la laïcité républicaine. N'est-ce pas
le Christ qui a déclaré : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" ?
Cette séparation n'est plus opposition, ce serait stérile. Elle n'est pas non plus
ignorance, ce serait injuste. Elle doit être respect du culte de chacun et souci du bien de
tous. Le philosophe Marcel GAUCHER confiait récemment : "La laïcité a gagné…
Bien que non croyant et n'appartenant pas à l'Église Catholique, je considère que sa
présence morale, intellectuelle et spirituelle est très importante… l'Église a vocation à
exister sur un plan qui n'est pas celui du politique. Elle doit être force de proposition et
de réflexion sur la Cité et sur les conditions dans lesquelles elle peut fonctionner au
mieux" (3.12.10). L'Église est donc dans la société. Elle en est une composante à part entière.
Cette reconnaissance de l'Église, nous la ressentons tout spécialement en
Alsace. La singularité alsacienne du Droit local et du Concordat est saluée par tous
comme bénéfique et constitutive de notre identité régionale.
Si la récente mise en cause du Concordat n'est plus de mise – merci de nous
avoir entendus–, l'éventuelle inscription de la laïcité dans la Constitution française reste
préoccupante : Ne va-t-on pas raidir et appauvrir les relations Église et État ? Il serait
regrettable que quelques extrémismes religieux poussent à pénaliser des millions de
croyants désormais bien intégrés dans la société française. Catholiques et autres
croyants, nous souhaitons une "application apaisée et ouverte des lois et règlements qui
définissent le pacte laïc de notre commune République" (Conseil permanent des
Evêques). Nous en appelons donc à la sagesse des législateurs et à leur discernement
des priorités.
Séparation de l'Église et de l'État, certes, mais aussi et fortement, solidarité
des chrétiens avec tous leurs concitoyens pour porter avec eux les soucis de nos cités,
de notre Pays et de notre humanité. Il y a 25 ans déjà, le Pape Jean-Paul II nous invitait
à cette indispensable solidarité qui est "la détermination ferme et persévérante de
travailler pour le bien commun, c'est-à-dire pour le bien de tous et de chacun, parce que
tous nous sommes responsables de tous" (Sollicitudo Rei Socialis 1997).


II. Dans un contexte de crise, quels repères pour notre société ?
La crise que nous traversons n'est pas qu'économique et financière, elle est
aussi sociétale et spirituelle. Au printemps 2011, les évêques français du Conseil
"Famille et Société" nous partageaient leurs préoccupations : "La crise couvait depuis
longtemps. Elle s'est manifestée d'abord dans le domaine écologique. Puis les crises
alimentaire, financière, économique, monétaire et sociale se sont succédé rapidement,
révélant une crise de sens. Cette crise du sens profond de l'existence a été masquée par
une confiance excessive dans l'économie libérale. Il est clair aujourd'hui que l'économie
seule ne peut fournir les réponses adéquates à tous les problèmes de société".
Il s'agit donc, non d'avoir plus, mais "d'être davantage", de développer l'homme dans toutes ses dimensions et dans son aptitude à mieux vivre avec autrui.
Pour aider à cette recherche d'un meilleur vivre ensemble, les évêques du
Conseil Permanent, présidé par le Cardinal André Vingt-Trois, ont adressé un message
aux Français, avant les élections. Ce message "Élections, un vote pour quelle société ?"
a été diffusé en octobre 2011, c'est-à-dire bien avant l'échéance électorale elle-même,
afin de ne pas intervenir "à chaud" dans les débats immédiats. Ce texte invitait à
réfléchir sur tous les aspects de notre vie en société, aspects inséparables et
complémentaires, afin d'offrir une vision cohérente de notre vie d'aujourd'hui, à travers
"treize éléments de discernement".

De ceux-ci, je souhaite relever cinq priorités :
1. Affirmer la dignité de toute personne humaine
C'est quand elle est faible, malade ou isolée, que la personne est menacée.
D'un bout à l'autre de la chaîne de la vie, la personne est à protéger. Ni la petitesse, ni la
maladie, ni le grand âge ne sauraient amoindrir notre respect des personnes, ni notre
amour de la vie. À tout moment de son existence, chacun doit pouvoir croiser le regard
d'autrui et partager avec lui attention et amitié. Indispensable est l'aide à toute personne
handicapée ou à celle qui vit en grande précarité. Indispensable, le respect de toute
personne isolée, différente, migrante, étrangère. Tous, nous sommes enfants de Dieu,
tous, nous sommes frères les uns des autres.


2. Protéger la famille
La famille est le premier lieu de l'apprentissage de la vie, de la tendresse, de
la foi, de la responsabilité, du vivre ensemble. Que de familles, hélas, sont éprouvées,
en difficultés économiques, en rupture, en recomposition ! Il convient d'en tenir compte
et de les aider, comme il faut aider les couples stables à tenir dans la durée.
Lorsque Dieu créa l'être humain, il le créa "homme et femme", selon une
complémentarité biologique et sociale. "La différence sexuelle de l'homme et de la
femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain, rappelle notre Conseil
Permanent. De plus, l'union de l'homme et de la femme scellée dans le mariage est le
moyen le plus simple et le plus efficace d'accompagner le renouvellement des
générations et d'accueillir les enfants pour les introduire en ce monde… À travers les
enfants que porte et éduque la famille, c'est l'avenir et la stabilité de la société qui sont
en jeu !" Veillons, dans les débats dans lesquels nous entrons et à travers les mots que
nous utilisons, à ne pas brouiller les repères fondamentaux. L'égalité légitime des droits
n'est pas l'uniformisation et l'indifférenciation des situations. L'expérience de la
différence et de la complémentarité de l'autre est structurante pour chacun. Il n'y a pas
de fécondité sans altérité et sans stabilité.


3. Consolider l'Europe.
À Strasbourg, nous ne pouvons que souhaiter de tous nos voeux une Europe
plus forte, plus solidaire, plus proche de tous, plus spirituelle. L'Europe serait-elle
advenue si des pionniers visionnaires, dont beaucoup étaient chrétiens, ne l'avaient
rêvée, fondée, animée? "Le projet européen, à son origine, a représenté un magnifique
effort pour assumer l'histoire d'un continent en termes de pardon et de promesse…
Aujourd'hui, l'Union Européenne agit trop souvent comme une instance administrative
et même bureaucratique. Le marché unique est un beau projet dans la mesure où il est
sous-tendu par une vision spirituelle de l'homme. Les chrétiens désirent que l'Europe,
loin de réduire l'homme à n'être qu'un consommateur sans cesse insatisfait et soucieux
de ses droits, permette à ses habitants d'agir de façon responsable, avec les ressources
spirituelles, morales, économiques et politiques qui sont les leurs, pour le bien de
l'ensemble du monde."
Tel est le projet européen qu'il nous faut approfondir et relancer !

4. Promouvoir le bien commun.
L'individualisme croissant de nos comportements a mis gravement en péril
notre vie sociale, sa cohésion et ses indispensables organismes de protection et de
solidarité. Cet individualisme a engendré le chacun pour soi, la violence et l'inégalité de
nos échanges, l'injustice et la perte du don gratuit. Une consommation sans régulation
menace notre avenir économique et écologique. Il est donc urgent de nous décentrer de
nos seuls intérêts particuliers et partisans, de nous mobiliser tous en faveur du bien
commun, et d'assumer ensemble, non seulement nos droits, mais aussi nos devoirs.

5. OEuvrer à une écologie de l'homme.
Il ne saurait y avoir de Bien Commun, sans une prise en compte de toutes les
dimensions de la personne humaine, dimension économique, dimension productive,
corporelle et spirituelle, individuelle et collective, dimension environnementale. En
définitive, il s'agit bien d'une écologie de l'homme comme le fait remarquer le pape
Benoît XVI.

"L'Église doit préserver non seulement la terre, l'eau et l'air comme dons de la
Création appartenant à tous, dit le Pape, elle doit aussi surtout protéger l'homme de sa
propre destruction. Une sorte d'écologie de l'homme, comprise de manière juste, est
nécessaire…
Le livre de la nature est unique et indivisible, qu'il s'agisse de l'environnement
comme de la vie, de la sexualité, du mariage, de la famille, des relations sociales, en un
mot du développement humain intégral. Les devoirs que nous avons vis-à-vis de
l'environnement sont liés aux devoirs que nous avons envers la personne considérée en
elle-même et dans sa relation avec les autres. On ne peut exiger les uns et piétiner les
autres… Quand "l'écologie humaine" est respectée dans la société, l'écologie
proprement dite en tire aussi avantage !", conclut le Pape (Caritas in Veritate, 51)
Jardiniers de la terre, soyons aussi les jardiniers du coeur de l'Homme !

+ Jean-Pierre GRALLET
Archevêque de Strasbourg