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Etre Servant d'Autel Texte de Mgr DORE      

Être servant d'autel


Homélie de Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg

Lors de la messe des servants d'autel célébrée le 8 octobre 2005 à la cathédrale de Strasbourg, Mgr Joseph Doré, archevêque du lieu, a prononcé l'homélie suivante (*) :


BIENS CHERS SERVANTS ET SERVANTES D'AUTEL DE STRASBOURG,

Les clercs de la cathédrale qui, d'une certaine manière, vous accueillent avec moi dans ce qui est « ma » cathédrale, la leur, mais aussi la vôtre, pourraient vous le dire : chaque fois que je célèbre une messe en ce lieu, je ne manque jamais de les saluer et de les remercier lorsque l'office est terminé, et que nous nous retrouvons tous à la sacristie.

C'est là, pour moi, une manière d'exprimer toute l'importance que j'attache à leur mission, à votre mission. Quelque chose d'essentiel manque en effet, selon moi, lorsque le « service de l'autel » n'est pas assuré. Je crois même que les paroisses qui, pour diverses raisons, se passent de servants et servantes d'autel se privent en fait de quelque chose d'essentiel : de quelque chose que je voudrais justement vous expliquer dans cette homélie.

Comme vous le savez, je ne suis pas seulement évêque mais aussi théologien, et c'est à ce double titre que je vais vous parler maintenant. Surtout, n'ayez pas peur ! Lorsqu'elle est bien faite, la théologie n'a pas pour résultat d'embrouiller la tête et de rendre les choses incompréhensibles. Bien au contraire, elle permet d'y voir plus clair et de mieux rendre compte de ce qu'on vit... comme vous allez le voir.

1. Représenter le Christ Serviteur

Rien de ce que nous faisons dans nos églises n'aurait de sens si nous ne le faisions pas en référence à Jésus. C'est bien en effet « à cause de Jésus » que nous célébrons dans nos églises, n'est-ce pas ? C'est bien lui, oui, qui rassemble ses disciples autour de lui, et qui trouve les moyens de se rendre présent au milieu d'eux.

Parmi les formes de la présence de Jésus, il y en a une, très importante, qu'on ne reconnaît pas toujours : la présence qu'il réalise au milieu de son peuple par des hommes, par des êtres humains de chair et de sang, qui témoignent de lui, qui parlent et agissent en son nom, qui le représentent en quelque sorte. On les appelle des « ministres », ses ministres.

Or, peut-être que certains d'entre vous le savent : en allemand, les servants d'autel sont justement appelés « Ministranten ». Cela voudrait bel et bien dire qu'à votre manière, vous seriez, vous aussi, des « ministres » ! Comment comprendre cela ?

Il ne faut pas oublier qu'il y a plusieurs sortes de ministres dans l'Église. Tous les ministres du Christ sont certes appelés à représenter le Christ ; mais il revient à certains de le représenter davantage en tant qu'il est Maître et Seigneur, et d'autres plutôt en tant qu'il est Serviteur. En effet, Jésus est à la fois l'un et l'autre. Il est celui qui préside et celui qui sert, comme il le montre bien le Jeudi saint, lorsqu'il lave les pieds de ses disciples juste avant de présider le repas. Là, c'est très clair : on voit bien que Jésus est à la fois le Serviteur et le Maître, n'est-ce pas ?

Eh bien à la messe, si le prêtre représente bien entendu, à sa manière, le Christ en tant que Maître puisque, comme prêtre justement, il préside l'assemblée de l'Eucharistie, la question se pose très évidemment de savoir qui donc, alors, représente dans le même temps le Christ Serviteur aux yeux de l'assemblée !

Je pense que vous avez trouvé la réponse : c'est vous - vous et le diacre quand il y en a un - qui avez la grande responsabilité de manifester, devant l'assemblée réunie et en son sein, que le Christ est aussi Serviteur : vous le faites justement par votre propre service.

2. Servir l'Église

Cela veut dire que vous n'avez pas, alors, un rôle purement utilitaire, comme si vous n'aviez qu'à faire ceci ou cela, et puis basta ! Certes, il est très utile, par exemple, d'apporter les offrandes à l'autel ou de laver les mains du prêtre... Mais par votre présence même, vous avez d'abord et surtout le rôle de rappeler à tous les chrétiens que le Christ est aussi un Serviteur. En ce sens, ce que vous faites est un vrai « ministère ». Chacun de vous est donc un « Ministrant », ou une « Ministrantin » ! 2. Servir l'Église

Vous avez bien commencé à comprendre maintenant pourquoi on vous appelle des « servants », et même des « servants d'autel » : vous représentez le Christ Serviteur, en même temps que vous le servez.

Mais ce n'est pas tout ! Il nous faut encore avancer d'un pas : servant le Christ, vous êtes aussi au service de son Église. Vous comprenez bien que vous rendez service au prêtre, puisque vous l'assistez directement ; mais vous rendez service aussi aux fidèles : non seulement vous les accueillez souvent à leur entrée dans l'église, par exemple pour leur distribuer la feuille de chants, mais vous les aidez aussi à différents moments de la célébration : après l'accueil, il y a la quête, la communion, etc.

Parfois, les gens vous le disent : ils sont heureux que vous soyez là, d'autant que vous contribuez notablement à diminuer la moyenne d'âge de nos assemblées ! Et quand vous êtes absents, comme la messe paraît plus triste : pas de processions d'entrée ou d'offertoire, personne qui porte la croix du Christ, personne qui éclaire l'Évangile au moment de sa proclamation, pas d'encensement de l'autel, pas de sonnerie à la consécration : tout cela manque terriblement, enfin, quand vous n'êtes pas là, non ?

Toutes ces raisons renforcent donc ce que je vous disais au début de mon homélie : les paroisses qui ne font pas d'effort pour constituer des groupes de servants et servantes d'autel se privent d'une grande richesse.

3. Servir le monde

Parmi les critiques que l'on a parfois entendues, cependant, pour justifier l'absence de servants d'autel, figure souvent celle-ci : il y aurait mieux à faire, pour des jeunes, que de servir la messe du dimanche ! Il y a, dit-on alors, tellement d'engagements à prendre à l'extérieur des églises, qu'on ne voit pas pourquoi on s'occuperait encore tellement de liturgie.

J'estime que cette critique n'est pas fondée : non seulement le service de l'autel n'exclut pas le service des autres, mais souvent il le suscite. C'est très clair pour moi : quand on prend goût à servir à la messe, on prend en même temps goût à étendre son service aussi en dehors de la messe. De toute manière, on entend alors souvent la Parole du Seigneur, qui invite avec insistance à prendre en compte les détresses du monde et à se mobiliser avec d'autres pour tenter d'y faire face, n'est-ce pas ?

La preuve, la voici : lorsque, dans mon ministère d'évêque, je rencontre des gens qui luttent contre les maladies ou les pauvretés, des gens engagés sur le terrain social ou politique, ils sont souvent tout fiers de me dire qu'ils ont été servants de messe dans leur enfance. Cela me réjouit et me fait réfléchir. Je vais vous dire : servir le Christ, servir l'Église et servir le monde, m'apparaît finalement, là, comme seul engagement.

Il arrive d'ailleurs - et comment ne m'en réjouirais-je pas ? - que des servants d'autel se posent la question de prolonger leur service de l'Église au-delà de cela encore. C'est ainsi que beaucoup de prêtres disent qu'ils ont pris conscience de leur vocation alors qu'ils servaient la messe. Je suis sûr qu'aujourd'hui un certain nombre d'entre vous peuvent toujours entendre cet appel, et se poser la question de lui apporter une réponse appropriée... Je les encourage avec joie à se rendre ici accueillants !

Je suis très heureux que vous soyez rassemblés en si grand nombre ici ce soir. Merci à vous qui, dimanche après dimanche, vous rendez disponibles pour servir nos assemblées. Merci à vos parents, qui comprennent et acceptent votre engagement, l'ayant souvent encouragé dès le départ. Merci aux aînés et aux adultes qui vous accompagnent et vous encadrent. Merci aux prêtres qui vous forment et vous soutiennent.

Votre évêque est heureux de vous l'affirmer dans notre cathédrale aujourd'hui : vous rendez un service précieux à l'Église diocésaine. Puisse le rassemblement de ce jour vous motiver et vous dynamiser davantage encore si possible ; et puisse-t-il vous donner envie de servir longtemps la liturgie de l'Église. Que, pour cela, le Seigneur vous accorde sa pleine bénédiction, maintenant et toujours ! Amen !

 

(*) Texte publié dans L'Église en Alsace de décembre 2005.