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DOCUMENT Les Derniers jours de JEAN PAUL II      

Document réf DC N°2346 20 nov 2005

Les derniers jours de Jean-Paul II


Récit officiel des dernières semaines de la vie du Pape Jean-Paul II

« À 21 h 37, Jean-Paul II s'endormait dans le Seigneur ». Les Acta Apostolicæ Sedis (Actes du Siège apostolique, journal officiel du Saint-Siège) ont publié, dans le numéro paru en septembre, le récit officiel des dernières semaines de Jean-Paul II. En voici le texte intégral (*) :


Le terme de la maladie, la mort, les funérailles

(En latin)

Dans les tout derniers temps, la santé du Souverain Pontife, qui était déjà affectée de maux nombreux, s'aggrava peu à peu. Au-devant de lui gravement malade, comme à son chevet, une foule vraiment très nombreuse et assidue de personnes se porta vers la place Saint-Pierre, au sein de laquelle les jeunes se distinguaient par leur état d'esprit et leur recueillement qui firent l'admiration du monde entier. Cette extrême faiblesse qui peu à peu s'aggravait terriblement est décrite ci-dessous par le menu et exprimée selon le jugement des médecins.

(En italien)

Le 31 janvier, un communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège annonça que les audiences prévues pour ce jour étaient supprimées, parce que le Saint-Père était atteint d'un syndrome grippal. Par la suite fut annoncé l'ajournement des rendez-vous prévus, et la suppression de l'audience générale du mercredi 2 février.

Le tableau clinique s'est ensuite compliqué, avec une laryngo-trachéite aiguë et une crise de spasmes du larynx, qui s'aggrava dans la soirée du 1er février. Une hospitalisation d'urgence - en ambulance équipée d'un centre mobile de réanimation - à la polyclinique Gemelli devint nécessaire. Elle eut lieu à 22 h 50 le même jour. Le Saint-Père a été hospitalisé dans la chambre qui lui est réservée, au dixième étage de la polyclinique, dans le service des urgences dirigé par le professeur Rodolfo Proietti.

Là, lui furent dispensés les soins nécessaires d'assistance respiratoire, et les contrôles cliniques.

L'évolution de l'état clinique s'est révélée positive et, le samedi 5 février, le Saint-Père a suivi, à la télévision, la cérémonie qui se déroulait dans la salle Paul VI pour la fête de la Vierge de la Confiance, patronne du grand séminaire de Rome.

Le séjour à l'hôpital a été prolongé quelques jours, pour assurer la stabilisation de l'état clinique. Tous les jours, le Pape concélébrait la Messe dans sa chambre.

Le mercredi des Cendres, au cours de l'Eucharistie, les cendres bénies par le Saint-Père lui furent imposées par son secrétaire.

Une fois les contrôles de diagnostic effectués, y compris un scanner crâne-thorax-abdomen, qui ont permis d'exclure d'autres pathologies, le Saint-Père rentrait en voiture au Vatican, le 10 février, aux alentours de 19 h 40.

Dans les jours suivants se produisit une rechute caractéristique de la pathologie respiratoire, avec des phases alternées, sous le contrôle étroit du personnel médical du Vatican, qui assistait en permanence le Pape. Le tableau clinique se compliquait, avec un retour des épisodes successifs d'insuffisance respiratoire aiguë, provoqués par une sténose fonctionnelle du larynx, préexistante et attestée.

Une nouvelle crise s'étant produite en soirée, bien qu'ayant été affrontée avec les moyens adéquats, une seconde hospitalisation à la polyclinique Gemelli se révéla nécessaire le jeudi 24 février, à 11 h 50.

Là, une trachéotomie fut recommandée et réalisée, avec l'assentiment du Saint-Père, dans la soirée du même jour.

L'acte chirurgical a été effectué par le professeur Gaetano Paludetti, titulaire du département d'odontologie de l'Université catholique du Sacré-Coeur, et par le docteur Angelo Camaioni, médecin-chef, oto-rhino-laryngologiste de l'hôpital Saint-Jean de Rome et spécialiste de la Direction sanitaire et de l'hygiène de l'État de la Cité du Vatican (ECV). L'anesthésie a été réalisée par le professeur Rodolfo Proietti, titulaire de la chaire d'anesthésie et de réanimation de l'Université catholique du Sacré-Coeur. Assistaient à l'intervention le professeur Enrico de Campora, titulaire du département d'oto-rhino-laryngologie de l'université de Florence et consultant de la direction sanitaire et hygiène de l'État de la Cité du Vatican, ainsi que le médecin personnel du Pape, le docteur Renato Buzzonetti. La phase postopératoire s'est déroulée sans complications. Rapidement, les fonctions respiratoires et vocales pouvaient être remises en route.

Le 6 mars, le Saint-Père, portant une chasuble rose, célébrait la sainte Messe du quatrième dimanche de Carême, dans une petite chapelle annexe à sa chambre d'hôpital, et prononçait la formule de bénédiction finale avec une voix très faible et une diction difficile.

Dimanche 13 mars, le Pape rentrait au Vatican autour de 18 h 40, accueilli par le cardinal Angelo Sodano, son Secrétaire d'État, et ses collaborateurs. À peine retourné dans son appartement, il se rendait à la chapelle pour le récit des Lamentations, qui, en langue polonaise, commémorent la Passion du Seigneur.

L'assistance de garde médicale était constamment assurée par l'équipe vaticane, complétée par dix médecins réanimateurs, des spécialistes de cardiologie, d'oto-rhino-laryngologie et de médecine interne, assistés de quatre infirmiers professionnels, sous la direction du médecin personnel de Sa Sainteté. Un équipement et un appareillage complet ont aussi été mis en place pour répondre à toute exigence technique.

Dans les jours qui ont suivi, les conditions de santé connaissaient une amélioration lente mais rendue difficile par une déglutition très pénible, les fonctions vocales sérieusement atteintes, un déficit nutritionnel et une considérable asthénie.

Dimanche 20 mars et mercredi 23, le Saint-Père apparaissait à la fenêtre de son appartement, muet, se contentant d'une bénédiction de la main droite.

Le jour de Pâques, 27 mars, le Pape s'est tenu pendant treize minutes devant sa fenêtre, ouverte sur la place Saint-Pierre. Celle-ci était remplie d'une foule de fidèles qui attendaient le message pascal. Il avait dans les mains les feuilles du texte qui, sur le parvis de la basilique, fut lu d'une voix émue par le cardinal Angelo Sodano.

Le Pape a tenté de lire les paroles de la bénédiction apostolique, sans succès, puis, sans parler, de la main droite, il a béni la Ville et le monde.

Le 30 mars a été publiée l'information selon laquelle on avait entrepris d'alimenter le Pape au moyen de la mise en place d'une sonde gastrique permanente. Le même jour, mercredi, le Saint-Père s'est présenté à la fenêtre de son bureau et, sans parler, il a béni la foule qui, stupéfaite et peinée, l'attendait place Saint-Pierre. Ce fut la dernière « station » publique de son douloureux chemin de croix.

Jeudi 31 mars, peu après 11 heures, le Saint-Père, qui s'était rendu à la chapelle pour la célébration de la sainte messe, a été pris de secousses et de frissons, qui furent suivis d'une forte fièvre - 39°6 - et d'un choc septique très grave, avec un malaise cardio-circulatoire dû à une infection urinaire. Les mesures thérapeutiques et d'assistance respiratoire appropriées furent prises immédiatement.

On respecta alors la volonté explicite du Saint-Père de rester dans sa chambre, où une assistance complète et efficace lui était d'ailleurs assurée.

En fin d'après-midi, la sainte Messe a été célébrée au pied du lit du Pape. Celui-ci concélébrait les yeux mi-clos, mais, au moment de la consécration, il a soulevé faiblement le bras droit à deux reprises, sur le pain et le vin. Il a également fait le geste de se battre la poitrine pendant la récitation de l'Agnus Dei.

Le cardinal de Lviv des Latins (1) lui a alors administré l'onction des malades. À 19 h 17, le Pape recevait la sainte Communion.

Puis le Saint-Père a demandé à célébrer « l'heure eucharistique » de méditation et de prière.

Le vendredi 1er avril, à 6 heures du matin, le Pape, conscient et serein, concélébrait la sainte Messe.

Vers 7 h 15, il a écouté la lecture des quatorze stations du Chemin de croix, en faisant le signe de la croix pour chacune d'elles.

Il a émis ensuite le désir d'écouter la lecture de l'heure de tierce de l'Office divin (2) et des passages de la Sainte Écriture.

La situation médicale était alors vraiment très grave, caractérisée par la détérioration alarmante des paramètres biologiques et vitaux. L'état clinique s'aggravait, avec une insuffisance cardio-circulatoire, respiratoire et rénale. Le patient, avec une participation visible, s'associait à la prière continuelle de ceux qui l'assistaient.

Le samedi 2 avril, à 7 h 30, la sainte Messe a été célébrée en présence du Saint-Père, qui commençait à présenter un début de perte de conscience. En fin de matinée, il a reçu pour la dernière fois le cardinal Secrétaire d'État Angelo Sodano. Ensuite a commencé une brusque hausse de température. Vers 15 h 30, avec une voix très faible, et une parole hachée, en langue polonaise, le Saint-Père a demandé : « Laissez-moi partir à la maison du Père. »

Peu avant 19 heures, il est entré dans le coma. Le moniteur indiquait l'épuisement progressif des fonctions vitales.

Selon une tradition polonaise, un petit cierge allumé éclairait la pénombre de la chambre, où le Pape était en train de s'éteindre.

À 20 heures, la célébration de la sainte Messe de la fête de la Miséricorde divine a commencé, au pied du lit du Pape mourant.

Le rite était présidé par Son Excellence Mgr Stanislas Dziwisz, avec la participation du cardinal Marian Jaworski, de Son Excellence Mgr Stanislas Rylko et de Mgr Mieczyslaw Mokrzycki (3).

Des chants religieux polonais ont accompagné la célébration, se fondant avec ceux des jeunes et de la multitude des fidèles recueillis en prière place Saint-Pierre.

À 21 h 37, Jean-Paul II s'endormait dans le Seigneur.

Le décès, constaté par le docteur Renato Buzzonetti, fut confirmé aussi par le recours à un électrocardiogramme, qui se prolongea pendant encore vingt minutes, comme le veulent les règles du Vatican.

Sont alors immédiatement accourus pour rendre hommage au regretté Souverain Pontife le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'État, le cardinal Joseph Ratzinger, Doyen du Collège cardinalice, le cardinal Eduardo Martinez Somalo, Camerlingue de la Sainte Église Romaine, et divers membres de la Famille pontificale.

La déclaration du décès, signée par le docteur Renato Buzzonetti, directeur sanitaire et de l'hygiène de l'État de la Cité du Vatican, comporte le diagnostic suivant : « choc septique, malaise cardio-circulatoire, en relation avec une maladie de Parkinson, des épisodes précédents d'insuffisance respiratoire aiguë et d'une trachéotomie conséquente, hypertrophie prostatique bénigne, compliquée d'une infection urinaire, cardiopathie hypertensive et ischémique ».

 

(*) Texte original en latin et en italien dans les Acta Apostolicæ Sedis datés du 17 avril 2005 de la Librairie Éditrice Vaticane publiés le 17 septembre. Version française de La Croix parue dans le numéro du 27 septembre. Notes de la DC.

(1) Le cardinal ukrainien Marian Jaworski.

(2) La prière du bréviaire.

(3) Tous les quatre polonais d'origine et collaborateurs de longue date de Jean-Paul II, ils étaient respectivement : secrétaire du Pape ; archevêque de Lviv des latins (Ukraine) ; président du Conseil pontifical pour les Laïcs ; 2e secrétaire particulier de Jean-Paul II.