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Un merci planétaire à Jean Paul II      

Un merci planétaire à Jean-Paul II... réf : DC 19 juin 2005 N°2338


Message de Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai (*)

À travers mille souvenirs, mille images, une seule s'impose. Celle d'un tout petit homme en blanc, assis. Derrière lui, un immense Christ en majesté ; il n'y a pas de confusion possible : on voit que le tout petit est au service de l'immense. Devant lui, deux millions de jeunes, venus de la Terre entière à Rome pour les JMJ de l'an 2000. Ils aiment Jean-Paul II. Pas du tout comme une idole. Ils l'aiment comme on aime le grand-père dont chacun rêve. Pour la bonté de son regard : c'est un regard qui ne sait pas désespérer ; pour la vérité de ses appels, encore même ne leur répondraient-ils qu'imparfaitement.

Ils ont compris que le Saint-Père leur confiait, au nom de Jésus, la charge d'être les « sentinelles vigilantes » de ce monde. Ils ont compris qu'animés d'un Esprit qui viendrait au secours de leurs faiblesses, ils pourraient devenir les acteurs de l'avenir de la planète, avec du bonheur pour tous. Ils ont compris que pour cela, leurs forces ne suffiraient pas, qu'il serait bon de la puiser dans le coeur à coeur avec le Christ, dans l'écoute de sa parole Unique, dans le don de sa vie qu'il fait en chaque Eucharistie, et dans son pardon à l'heure de leurs grandes chutes.

Ils ont reçu cinq sur cinq les grands repères qu'il a répétés inlassablement, quitte à déranger les savants, les puissants, les lobbies et les modes :

- Plus jamais le marxisme athée ou l'idéologie de la lutte des classes. mais l'engagement courageux, ensemble et sans haine au service de ceux et celles qui sont écrasés par l'injustice ;

- Plus jamais le nazisme ou l'idéologie d'une soit-disant race supérieure, mais le respect de ceux qu'il appelle nos « grands-frères juifs », et encore le respect de toutes les couleurs, de toutes les cultures, chacune ne pouvant que s'enrichir aux rivages de l'Évangile ;

- Plus jamais le « consumérisme », cette folie de consommer, cette fascination de l'argent qui ferme les yeux, le coeur et les mains, mais pour chacun et pour chaque peuple, le devoir de servir « la mondialisation de la solidarité », quitte à y perdre quelques avantages, quelques sécurités ;

- Plus jamais les « nationalismes étroits » : ils construisent les murs de la haine et détruisent les ponts, ils distillent les peurs et déclenchent les guerres ; mais l'amour de sa patrie, oh oui, pourvu qu'on l'aide à s'ouvrir aux autres et à construire une « civilisation de l'amour » ;

- Plus jamais de guerres au nom de Dieu, mais le service exigeant de la paix juste ;

- Plus jamais le mépris pour les plus pauvres, les chômeurs, les migrants même en situation illégale, mais le devoir d'imaginer la répartition la plus juste du travail devenu plus rare ;

- Plus jamais d'atteintes à la vie ; mais le respect de toute vie à naître, handicapée ou vieillie, le respect d'une vraie « culture de la vie » ;

- Plus jamais d'amour gâché, d'alliances brisées, mais l'engagement difficile, et quoi qu'il en coûte, de lutter contre les massacres quotidiens de l'Amour ;

- Plus jamais les divisions entre chrétiens, mais la recherche inlassable de l'heureux croisement de nos chemins, « pour que le monde puisse croire » ;

- Plus jamais la peur et le mépris des autres communautés spirituelles ; mais au minimum le « dialogue de la charité ».

Le Pape s'est usé à nous appeler à devenir hommes et femmes à l'image de Dieu. Enfin « vraiment hommes » à l'image du Christ. Oh oui, tout semble trop difficile : le Pape sait bien nos chutes possibles, d'où la bonté de son regard qui parle à lui tout seul du seul Pardon qui nous relève, celui du Christ. « Va, ne pèche plus, moi non plus je ne condamne pas ! ».

Il a servi son Seigneur jusqu'à l'épreuve crucifiante que risque celui qui, comme Jésus, condamne l'adultère tout en empêchant les belles consciences de lapider la femme surprise « en flagrant délit d'adultère » (Jn 8, 1-11).

Lorsqu'il dit non au divorce, il ne jette pas la pierre aux personnes divorcées. Lorsqu'il dit non à l'avortement, il ne jette pas la pierre aux femmes qui ont cru devoir en faire le choix. Lorsqu'il dit non à l'homosexualité, il ne jette pas la pierre à ceux et celles qui la choisissent. Lorsqu'il dit non à l'utilisation du préservatif, en sachant qu'il est le plus sûr moyen de rompre une fidélité sexuelle, il ne jette pas la pierre à ceux qui doivent l'utiliser pour ne pas risquer de transmettre le sida. Il essaie seulement, envers et contre tout, d'inviter chacun à aimer mieux, à aimer plus juste, à ne pas fragiliser en nous la capacité d'aimer. Il sait bien qu'il dérange, qu'il affronte. Il sait bien qu'il sera critiqué, moqué, voire condamné. Il sait aussi que son courage est celui de l'unique Seigneur de sa vie.

Les jeunes ont deviné la conviction qui habite Jean-Paul II : dans le Christ, il y a le frère le plus exigeant, mais aussi le frère le plus miséricordieux : en lui, la miséricorde est toujours un peu plus grande que l'exigence, mais l'exigence demeure. Sans l'exigence, la miséricorde se dégrade en lâcheté. Sans miséricorde, l'exigence se dégrade en dureté.

S'il fallait trouver la Parole de Dieu qui résume l'engagement de Jean-Paul II, et dont on peut rêver qu'on puisse en voir la trace en chacune de nos vies, ce serait celle-ci : elle est dans le psaume 84 « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent » !

Le monde a bien raison d'adresser un Merci planétaire à celui qui, désormais dans les bras de Dieu, découvre un bonheur infini, et qui déjà doit prier pour que nous le tissions, jours après jours, avec tous nos dons, dans la force du Christ.

Jean-Paul II s'est tu... mais il parle toujours... Il parle sans paroles d'une béatitude au-delà du bonheur.

Merci cher Saint Père.

Mgr François GARNIER,

archevêque de Cambrai