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RECONCILIATION : Se confesser ! Pourquoi ?      

Se confesser ! pourquoi ? La réconciliation et la beauté de Dieu (cf Doc.catho N°2367)


Lettre de Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti-Vasto (Italie)

Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti-Vasto (Italie), a consacré la lettre qu'il a adressée à son diocèse pour l'année 2005-2006 (a) au sacrement de la réconciliation. Dans celle-ci, Mgr Forte insiste sur la nécessité de dépasser l'idée que le péché « est mal » pour comprendre plutôt comment il « fait mal », à celui qui le commet comme à celui qui le subit. À partir de là, se profile selon lui l'espérance du pardon reçu et offert comme un don d'amour revivifiant. Nous publions le texte de cette lettre (*) :


1. Pourquoi se confesser ?

Parmi les questions posées à mon coeur d'évêque, j'en retiens une qui l'a été fréquemment : pourquoi est-il nécessaire de se confesser ? C'est une question qui prend un grand nombre de formes : pourquoi doit-on aller trouver un prêtre pour dire ses péchés et ne peut-on pas le faire directement à Dieu qui nous connaît et comprend bien mieux que tout interlocuteur humain ? Ou encore, plus radicalement : pourquoi parler de mes affaires, surtout de celles dont j'ai honte moi-même, à quelqu'un qui est pécheur tout comme moi et qui comprend d'une façon complètement différente de la mienne ce que j'ai connu par expérience personnelle, ou qui même ne le comprend pas du tout ? Qu'en sait-il, lui, de ce qui est vraiment un péché pour moi ? Et certains ajoutent : et puis, est-ce que le péché existe vraiment, et est-ce que ce n'est pas une invention des prêtres pour nous tenir en laisse ?

À cette dernière question, je pense qu'il faut répondre tout de suite et sans peur d'être démenti : oui, le péché existe, et non seulement il est le mal, mais encore il fait mal. Il suffit de regarder la scène mondiale quotidienne, où se déchaînent les violences, les guerres, les injustices, les méchancetés, les égoïsmes, les jalousies, les vengeances (des exemples de ces « bulletins de guerre » se trouvent chaque jour dans les nouvelles des journaux, de la radio, de la télévision, et sur Internet). Qui croit en l'amour de Dieu comprend ensuite comment le péché est un amour replié sur soi (« amor curvus » amour à crochet, disait-on au Moyen Âge), l'ingratitude de qui répond à l'amour par l'indifférence et le refus. Ce refus a des conséquences non seulement pour celui qui le vit, mais aussi pour la société tout entière, au point de produire ces conditionnements et ces tissus d'égoïsmes et de violences qui sont de véritables « structures de péché » (on pense aux injustices sociales, aux disparités entre pays riches et pays pauvres, au scandale de la faim dans le monde ...).

C'est justement pour cela qu'on ne doit pas hésiter à souligner combien est grave la tragédie du péché et combien la perte du sens du péché - qui est tout autre chose que cette infirmité de l'âme qu'on appelle « le sentiment de culpabilité » - affaiblit le coeur confronté au mal et aux séductions de Satan, l'ennemi qui cherche à nous séparer de Dieu.

2. L'expérience du pardon

En dépit de tout cela, pourtant, je ne suis pas prêt à dire que le monde est mauvais, et que faire le bien est inutile. Je suis même convaincu que le bien est de beaucoup plus grand que le mal, et que la vie est belle, et que cela vaut la peine de vivre honnêtement, avec amour et par amour. La raison profonde qui me fait penser ainsi est l'expérience de la miséricorde de Dieu que je ressens en moi-même et que je vois resplendir en tellement d'humbles personnes ; c'est une expérience que j'ai souvent vécue, aussi bien en donnant le pardon comme ministre de l'Église qu'en le recevant. Il y a des années que je me confesse régulièrement, plusieurs fois par mois, et dans la joie. La joie naît de me sentir aimé de Dieu à nouveau chaque fois que son pardon m'atteint par le prêtre qui me l'accorde en son nom. C'est la joie que j'ai vue si souvent sur le visage de ceux qui viennent se confesser. Ce n'est pas là le futile sentiment de légèreté de quelqu'un qui a « vidé son sac » - la confession n'est pas un défoulement psychologique ni une conversation consolatrice, ou, du moins, ce n'est pas cela qu'elle est principalement - mais c'est la paix de se sentir bien intérieurement, touché au coeur par un amour qui guérit, qui vient d'en haut, et qui nous transforme. Demander le pardon avec conviction, le recevoir avec gratitude, le donner avec générosité, tout cela est source incomparable de paix ; et donc il est juste et bon de se confesser. Je voudrais faire part des raisons de cette joie à tous ceux que je réussirai à rejoindre par cette lettre.

3. Se confesser à un prêtre ?

Ici vous me demandez : pourquoi faut-il confesser ses péchés à un prêtre et ne peut-on pas le faire à Dieu directement ? Il est sûr que c'est toujours à Dieu que l'on s'adresse quand on confesse ses péchés. Mais qu'il soit nécessaire de le faire également devant un prêtre, Dieu lui-même nous le fait comprendre. En choisissant d'envoyer son Fils dans notre chair, il montre qu'il veut nous rencontrer en un contact direct passant par les signes et les langages de notre condition humaine. Tout comme lui est sorti de lui-même par amour pour nous pour entrer en contact avec nous par sa chair, nous sommes appelés à sortir de nous-mêmes pour son amour et à aller avec humilité et foi vers qui peut, par la parole et le geste, nous accorder le pardon en son nom.

Seule l'absolution des péchés que te donne le prêtre dans le sacrement peut t'assurer la certitude intérieure d'être vraiment pardonné et écouté par le Père qui est aux cieux, parce que le Christ a confié au ministère de l'Église le pouvoir de lier et de délier, d'exclure de la communauté de l'alliance et d'y admettre (cf. Mt 18, 17). C'est lui, ressuscité de la mort, qui a dit aux Apôtres : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à qui vous les remettrez et ils seront retenus à qui vous les retiendrez (cf. Jn 20, 22 s). Par cela, se confesser à un prêtre est tout autre chose que le faire dans le secret du coeur, exposé qu'il est à tous les doutes et toutes les ambiguïtés qui remplissent la vie et l'histoire. Livré à toi-même, tu ne sauras jamais si c'est la grâce de Dieu qui t'a touché ou ton émotion, si c'est toi-même qui t'es pardonné ou si c'est lui qui l'a fait, par la voie qu'il a choisie. Absous par celui que le Seigneur a choisi et envoyé comme ministre du pardon, tu pourras expérimenter la liberté que seul donne Dieu, et tu verras que se confesser est source de paix.

4. Un Dieu proche de notre faiblesse

La confession est donc la rencontre avec le pardon divin qui nous est offert par Jésus et qui nous est transmis par le ministère de l'Église. Par ce signe efficace de la grâce divine, rencontre avec la miséricorde sans limites, nous est présenté le visage d'un Dieu qui connaît mieux que quiconque notre condition humaine et l'attire à lui avec un tendre amour. Nous en témoignent d'innombrables épisodes de la vie de Jésus, depuis la rencontre avec la Samaritaine jusqu'à la guérison du paralytique, depuis le pardon à la femme adultère jusqu'aux pleurs devant la mort de son ami Lazare... De ce voisinage divin aimant et compatissant, nous avons un immense besoin, comme le montre aussi un simple regard sur notre existence : chacun de nous vit avec ses faiblesses, éprouve ses limites, est confronté à la mort, et finalement doit répondre au défi des questions que tout cela fait surgir dans le coeur. Et, dans la mesure où nous pouvons désirer faire le bien, la fragilité qui caractérise chacun de nous nous expose continuellement au risque de succomber à la tentation.

L'apôtre Paul a décrit cette expérience avec précision : « Je sais ce qui est à ma portée, c'est d'avoir envie de faire le bien, mais pas de l'accomplir. Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le mal que je ne voudrais pas » (Rm 7, 18-19). C'est d'un tel conflit intérieur que naît l'exclamation : « Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort ? » (Rm 7, 24). Lui, répond de façon particulièrement opportune le sacrement du pardon qui vient toujours à nouveau à notre secours dans notre condition pécheresse, nous rejoignant avec la puissance curative de la grâce divine et transformant notre coeur et les comportements par lesquels nous nous exprimons. En cela, l'Église ne se lasse pas de nous proposer la grâce de ce sacrement tout au long du chemin de la vie : à travers elle, c'est Jésus, le véritable médecin céleste, qui vient pour se charger de nos péchés et nous accompagner, continuant ainsi son oeuvre de guérison et de salut. Comme cela se produit en toute histoire d'amour, l'alliance avec le Seigneur est elle-même sans cesse renouvelée : la fidélité est l'engagement toujours renouvelé du coeur qui se donne et accueille l'amour qui lui est donné, jusqu'au jour où Dieu sera tout en tous.

5. Les étapes de la rencontre du pardon

Précisément parce qu'elle est désirée par un Dieu profondément « humain », la rencontre avec la miséricorde que Jésus nous offre se produit par des étapes successives qui respectent les temps de la vie et du coeur. Au début, il y a l'écoute de la Bonne Nouvelle, dans laquelle t'arrive l'appel de l'Aimé : « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1, 15). À travers cette voix, c'est le Saint-Esprit qui agit en toi, t'accordant la douceur de l'acquiescement et de la foi en la Vérité. Quand tu te fais docile à cette voix et décide de répondre de tout coeur à celui qui t'appelle, tu t'engages sur la voie qui te mène à un don plus grand, ce même don si précieux qui fait dire à saint Paul : « Au nom du Christ nous vous le demandons : laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).

Car la réconciliation est justement le sacrement de la rencontre avec le Christ qui, par le ministère de l'Église, vient au secours de la faiblesse de celui qui a trahi ou refusé l'alliance avec Dieu, le réconcilie avec le Père et avec l'Église, le recrée comme une créature nouvelle avec la force de l'Esprit-Saint. On appelle ce sacrement également « le sacrement de pénitence » parce que cela exprime la conversion de l'homme, le chemin du coeur qui se repent et vient invoquer le pardon de Dieu. Le terme « confession », communément utilisé, se réfère par contre à l'acte de confession de ses fautes devant le prêtre, mais il désigne aussi la triple confession à faire pour vivre pleinement la célébration de réconciliation : d'abord la confession de louange ( confessio laudis) par laquelle nous faisons mémoire de l'amour divin qui nous précède et nous accompagne, en reconnaissant les signes dans notre vie, et ainsi comprenant mieux quelle est la gravité de notre faute ; puis la confession du péché, par laquelle nous présentons au Père notre coeur humble et repenti qui reconnaît nos fautes ( confessio peccati) ; enfin la confession de foi, par laquelle nous nous ouvrons au pardon libérateur et sauveur qui nous est offert par l'absolution ( confessio fidei). À leur tour, les gestes et les paroles par lesquels nous exprimerons le don que nous avons reçu, confesseront dans notre vie les merveilles opérées en nous par la miséricorde de Dieu.

6. La fête de la rencontre

Dans l'histoire de l'Église, la pénitence a été vécue sous une grande variété de formes, communautaires et individuelles, mais qui toutes ont conservé la structure fondamentale de la rencontre personnelle entre le pécheur repentant et le Dieu vivant à travers la médiation du ministère épiscopal ou sacerdotal. Par les paroles de l'absolution, prononcées par un homme pécheur mais consacré pour le ministère, c'est le Christ lui-même qui accueille le pécheur repenti et le réconcilie avec le Père et, par le don de l'Esprit, le renouvelle en tant que membre vivant de l'Église. Réconciliés avec Dieu, nous sommes accueillis dans la communion vivifiante de la Trinité, et recevons en nous la vie nouvelle de la grâce, l'amour que seul Dieu peut répandre en nos coeurs : le sacrement du pardon renouvelle ainsi notre rapport au Père, au Fils et à l'Esprit, au nom duquel nous est donnée l'absolution de nos fautes. Comme l'illustre la parabole du père et des deux fils, la rencontre de réconciliation culmine en un banquet de mets savoureux auquel on participe avec des vêtements neufs, une bague aux doigts et des sandales aux pieds (cf. Lc 15,22 s) : autant d'images qui expriment la joie et la beauté du don offert et reçu. Vraiment, pour employer les mots du père de la parabole : « Il faut bien festoyer et se réjouir, car mon fils était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé » (Lc 15, 24). Qu'il est agréable de penser que ce fils peut être chacun de nous !

7. Le retour à la maison du Père

Au regard de Dieu le Père, la pénitence est un « retour à la maison » (ce qui est exactement le sens du mot teshuvâ que l'hébreu utilise pour désigner la conversion). Par la prise de conscience de tes fautes, tu te rends compte que tu te trouves en exil, loin de la patrie de l'amour : tu en évites le trouble et la douleur lorsque tu comprends que la faute est une rupture de l'alliance avec le Seigneur, un refus de son amour, que c'est « l'amour non-aimé » et par cela même qu'elle est source d'aliénation puisque le péché nous arrache à notre vraie demeure, le coeur du Père.

C'est alors qu'il convient de se souvenir de la maison où l'on nous attend : sans cette mémoire de l'amour nous ne pourrons jamais avoir la foi et l'espérance nécessaires pour pendre la décision de retourner vers Dieu. Avec l'humilité de celui qui sait « n'être pas digne d'être appelé fils », nous pouvons décider d'aller frapper à la porte de la maison du Père : quelle surprise alors de découvrir qu'il est à la fenêtre, scrutant l'horizon, parce qu'il attend tellement notre retour ! À nos mains ouvertes, au coeur humble et repentant, répond l'offre gratuite du pardon avec lequel le Père nous réconcilie à lui, pour ainsi dire « se convertissant » à nous : « Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers » (Lc 15, 20). Avec une extraordinaire tendresse, Dieu nous introduit à nouveau dans la condition de fils offerte par l'alliance établie en Jésus.

8. La rencontre avec le Christ mort et ressuscité pour nous

Au regard du Fils, le sacrement de réconciliation nous offre la joie de la rencontre avec lui, Seigneur crucifié et ressuscité, qui par sa Pâque nous donne la vie nouvelle, infusant son Esprit dans notre coeur. Cette rencontre s'accomplit par un itinéraire qui mène chacun de nous à confesser nos fautes avec humilité et douleur, et à recevoir le pardon avec une gratitude pleine d'émerveillement. Unis à Jésus dans sa mort sur la croix, nous mourons au péché et au vieil homme qui par lui avait triomphé. Son sang répandu pour nous nous réconcilie avec Dieu et avec le prochain, et abat les murs de l'inimitié qui nous maintenaient prisonniers de notre solitude sans espérance et sans amour.

La force de sa résurrection nous atteint et nous transforme : le Ressuscité touche notre coeur, le fait s'enflammer d'une foi nouvelle qui nous dessille les yeux et nous rend capable de le reconnaître à côté de nous et d'entendre sa voix en celle de quiconque a besoin de nous. Toute notre existence de pécheurs, unis au Christ crucifié et ressuscité, s'offre ainsi à la Miséricorde divine pour être guérie de l'angoisse, libérée du poids de la faute, confirmée dans le don à Dieu, et renouvelée dans la puissance de son amour victorieux. Libérés par le Seigneur Jésus, nous sommes appelés à vivre comme lui libérés de la peur, de la faute et des séductions du mal, pour accomplir les oeuvres de vérité, de justice et de paix.

9. La vie nouvelle dans l'Esprit

Grâce au don de l'Esprit qu'infuse en nous l'amour de Dieu (cf. Rm 5, 5), le sacrement de la réconciliation est source de vie nouvelle, communion renouvelée à Dieu et à l'Église dont le même Esprit est précisément l'âme et la force de cohésion. C'est l'Esprit qui pousse le pécheur pardonné à exprimer dans sa vie la paix qu'il vient de recevoir, acceptant d'abord les conséquences de la faute commise, c'est-à-dire ce qu'on appelle « la peine » qui est comme la conséquence de la maladie que représente le péché et que l'on peut considérer comme une blessure à guérir avec l'huile de la grâce et avec la patience de l'amour qu'il faut avoir envers soi-même. L'Esprit, encore, nous aide à faire mûrir le ferme propos de suivre un chemin de conversion fait d'engagements concrets à la charité et à la prière : le signe pénitentiel requis par le confesseur sert justement à exprimer ce choix. La nouvelle vie à laquelle nous renaissons de cette façon peut mieux montrer que toute autre chose la beauté et la force du pardon toujours et toujours demandé et reçu (« pardon » veut justement dire « don renouvelé » : pardonner, c'est donner à l'infini !).

Je te le demande donc : pourquoi négliger un aussi grand don ? Approche-toi de la confession d'un coeur humble et contrit, et vis-la dans la foi : elle changera ta vie et donnera la paix à ton coeur. Alors tes yeux s'ouvriront et reconnaîtront les signes de la beauté de Dieu présents dans la création et dans l'histoire, et un chant de louange jaillira de son âme. Et à toi aussi, prêtre qui lis ces lignes et comme moi es ministre du pardon, je voudrais adresser une invitation qui naît de mon coeur : sois toujours prêt, à temps et à contre-temps, à annoncer à tous la miséricorde et à donner à qui te le demande le pardon dont il a besoin pour vivre et pour mourir. Pour cette personne, il peut s'agir de l'heure de Dieu dans sa vie !

10. Laissons-nous réconcilier avec Dieu !

L'invitation de l'apôtre Paul devient ainsi la mienne également : je l'exprime en me servant de deux voix très différentes : la première sera celle de Frédéric Nietszche, qui, dans les années de sa jeunesse, écrivit ces mots passionnés, signe du besoin de la Miséricorde divine que tous nous ressentons : « Encore une fois, avant de partir et de tourner mes regards vers là-haut, resté seul, je lève les mains vers Toi, auprès de qui je me réfugie, à qui au fond du coeur j'ai consacré des autels, afin que, à toute heure, ta voix me fasse t'appeler [...] Te connaître, c'est ce que je désire, toi, l'inconnu qui me pénètre l'âme au plus profond, et comme une tempête agite ma vie, insaisissable et pourtant tout voisin ! Te connaître, je le désire, et aussi te servir » (dans l'édition italienne des Écrits de jeunesse [ Scritti giovanili], éd. A Milan, 1998, I, 1, p. 388).

La seconde voix sera celle attribuée à François d'Assise, qui exprime la vérité d'une vie renouvelée par la grâce du pardon : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que j'apporte l'amour. Là où est l'offense, que j'apporte le pardon. Là où est la discorde, que j'apporte l'union. Là où est l'erreur, que j'apporte la vérité. Là où est le doute, que j'apporte la foi. Là où est le désespoir, que j'apporte l'espérance. Là où est la ténèbre, que j'apporte la lumière. Là où est la tristesse, que j'apporte la joie. Bon Maître, fais que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler, à être compris qu'à comprendre, à être aimé qu'à aimer ». Tels sont les fruits de la réconciliation demandée à Dieu et reçue de lui, et que je souhaite à vous tous qui me lisez. Avec ce souhait qui devient prière, je vous embrasse et vous bénis un par un.

(*) Texte original italien publié dans Il Regno-Documenti de juillet 2006. Traduction de Fr. Michel Taillé pour la DC.