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Rencontres sous la Tente de la Rencontre, du lundi au vendredi. Le curé vous attend, pour vous écouter et échanger avec vous. Rencontres avec les visiteurs de malades, aidants, ....
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Aujourd'hui et à l'heure de notre mort !      

... Aujourd'hui et à l'heure de notre mort ! (doc.catho N°2359)


Texte de Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes

Ces deux dernières années, au niveau du diocèse de Tarbes et Lourdes, l'abbé Jacques Broqua a animé diverses rencontres de formation pour évoquer les questions de la mort, des obsèques et du deuil. Il a mené cette réflexion au plus près du « terrain », avec des équipes existantes ou en voie de constitution. Le travail accompli a permis à Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, d'exprimer des orientations pour l'ensemble du diocèse dans le document qui suit (*) :


Première concernée : la personne qui meurt

Dans le vocabulaire catholique actuel, on parle de « l'accompagnement des familles en deuil ». Cet accompagnement est un devoir et nous en parlerons plus loin. Mais en faire le tout du ministère de l'Église au sujet de la mort serait bien peu chrétien.

Car notre premier souci doit être d'apporter le réconfort du Christ à celui qui s'approche de la mort. Certes, nous constatons, surtout en ville, qu'un grand nombre de personnes qui « passent par l'église » nous étaient presque ou totalement inconnues. Ce n'est pas une raison pour se résigner.

Si chaque chrétien faisait attention à son voisinage, bien des malades ne mourraient pas seuls au plan spirituel. Nous risquons de nous laisser entraîner par le courant dominant d'aujourd'hui, d'après lequel le mieux est que le malade « ne se voie pas mourir ».

Dans la fin de vie de quelqu'un, sa famille a, évidemment, un grand rôle à jouer au point de vue religieux. Mais ce ne sont pas toujours les plus proches qui sont les mieux placés à cet égard, étant eux-mêmes trop affectés par la menace qui pèse sur la vie de la personne qu'ils aiment.

Il faut recommander la meilleure coopération possible entre les équipes d'Aumônerie à l'hôpital et le Service évangélique des malades en paroisse. Mais, plus largement, ce sont tous les chrétiens qui devraient être sensibilisés à ce sujet.

La mort et son au-delà ont peut-être tenu trop de place dans la prédication du XIXe siècle. Mais le mutisme d'aujourd'hui ne vaut pas mieux : il laisse nos contemporains particulièrement démunis devant la mort. Le cas le plus dramatique est celui des jeunes quand un de leurs camarades se tue accidentellement ou se suicide.

Prier pour les défunts n'est pas un acte magique mais un acte de foi en la vie éternelle et la résurrection. C'est aussi un acte de foi en la communion des saints. Nous savons combien nos contemporains sont hantés par la question de la vie après la mort. Beaucoup s'en tirent avec une vague croyance en la réincarnation. Cette croyance n'est pas compatible avec la foi chrétienne mais, dans sa version authentique, elle a un point commun avec notre foi : notre itinéraire ne s'arrête pas avec notre mort terrestre. Nous avons encore à marcher vers la lumière.

Il appartient au prêtre et à ceux qui l'entourent de donner, lors des obsèques, un témoignage de foi. La plupart des assistants, sans doute, ne croient pas en la résurrection. Le prêtre et les laïcs présents ne vont quand même pas taire cette affirmation, sans laquelle notre foi est vide, dit saint Paul ! Le corps qui est accueilli, à l'entrée de l'église l'a été, bien des années plus tôt, pour son baptême, gage d'entrée dans la vie éternelle. Le cierge près du cercueil, l'encens, l'eau bénite disent l'espérance que nous puisons dans le Christ ressuscité.

Des sacrements pour les malades

Pour les malades comme pour tout homme, le premier sacrement est le « sacrement du frère ». Ce n'est pas le lieu, ici, de s'étendre sur la pastorale des malades et de leurs familles mais j'encourage vivement, à cet égard, le « Service évangélique des malades » (SEM). Ce qui sera évoqué dans la suite du document est rendu plus ou moins possible selon la qualité de la relation créée antérieurement avec le malade et son environnement. Et d'abord pour la proposition des sacrements des malades.

Car, pour les malades, l'Église dispose de plusieurs sacrements que le Christ lui a confiés. L'Eucharistie est souvent portée aux malades par des personnes déléguées pour cet office. Il faut que cette mission soit mise en valeur dans la messe du dimanche : cela peut se faire de diverses façons et à divers moments (à l'offertoire, à la communion ou au moment de l'envoi). Il faut veiller à ce que le Saint Sacrement soit porté dignement (par exemple dans un étui pendu au cou). Il est bon aussi que les personnes qui s'acquittent de ce ministère réfléchissent et prient ensemble pour éviter que cette tâche ne devienne une routine.

Le sacrement de la réconciliation, qui, pas plus que la communion, n'est pas propre aux malades, prend une signification particulière pour quelqu'un qui sent, plus ou moins lucidement, que la mort approche. Pour ceux qui le reçoivent, il est source d'une grande paix.

Un sacrement spécial concerne les malades : l'onction d'huile dont parlait déjà l'épître de saint Jacques (5, 13-15). Dans ce sacrement, le Christ qui a pris sur lui toutes nos blessures et nos infirmités (Mt 8, 17) vient à la rencontre de celui qui est en danger pour l'unir à sa Passion et sa Résurrection. Bien des personnes, atteintes de maladies incurables, peuvent témoigner de ce que ce sacrement leur a apporté : dans le Christ, elles ont pu trouver un sens à l'épreuve qui les atteint. Les paroisses pourraient proposer, une ou deux fois par an, une célébration communautaire du sacrement. Il faut envisager aussi le cas particulier des maisons de retraite.

Dans ce premier paragraphe, j'ai voulu centrer le regard sur la personne en danger de mort, car c'est elle qui est concernée en premier. Mais le lecteur aura vu - j'espère - que bien des relations sont en jeu : famille, environnement, aumôneries, équipes paroissiales. Plus largement, ce sont des convictions et des attitudes de foi qu'il faut renouveler dans toute l'Église. Ce faisant, nous apporterions notre aide à une société, plus perplexe que jamais devant la mort.

Prêtres et laïcs

Il vaudrait la peine de connaître la proportion d'obsèques catholiques par rapport au nombre de décès dans le département. Elle est certainement très forte. Les situations sont indéfiniment variées : mort naturelle, accident, suicide ; retour du corps dans la paroisse d'origine après une très longue période d'absence ; décès en maisons de retraite et en établissements hospitaliers ; existence, ou non, d'une famille ; contexte rural ou urbain ; demande de prières au crématorium...

Les situations religieuses sont encore plus diverses : inutile, ici, de les énumérer. Par ailleurs, on ne peut pas répondre tout à fait de la même façon s'il s'agit d'une personne très âgée qui s'est éteinte doucement ou d'un père ou d'une mère de famille, laissant derrière eux de jeunes enfants.

Bref, les généralisations seraient inhumaines.

Mais, par-delà la diversité des situations, nous pouvons tout de même énoncer une orientation générale, valable dans tous les cas : la communauté chrétienne devrait toujours être impliquée, et par un ministre ordonné (appelé ici « le prêtre », bien qu'il puisse s'agir de l'évêque, d'un prêtre ou d'un diacre), et par l'un ou l'autre, voire plusieurs membres (religieux ou laïcs) de la communauté. Autrement dit : jamais le ministre ordonné ne devrait agir seul ; jamais non plus il ne devrait rester totalement en dehors de ce qui se passe entre l'annonce d'un décès et la sépulture.

Entre ces deux moments, bien des occasions sont données de montrer la proximité de l'Église et, à travers elle, la proximité du Christ qui, lui aussi, est passé par la mort mais nous ouvre l'espérance de la résurrection : la fixation de la date ; le dialogue avec la famille pour la connaissance du défunt ; le choix des textes et des chants (la réalisation d'une feuille personnalisée avec les textes et les chants est très appréciée par les familles et souvent conservée) ; l'organisation de la célébration ; la mise en bière ; la célébration elle-même ; la sépulture.

Dans le cas où le corps du défunt est à la maison, il est possible de réunir quelques personnes pour prier un moment. Même si le corps est au funérarium, ce n'est pas impossible.

Si j'énumère toutes ces occasions, c'est pour rendre plus évidente la nécessité, et donc la possibilité, pour d'autres personnes que le prêtre, de participer à cette mission de l'Église. Il ne s'agit pas, pour les prêtres, de se retirer d'un champ d'apostolat mais d'y associer d'autres personnes : ce peuvent être des membres de la paroisse ou même des membres du voisinage ou de la famille, par exemple pour le temps de prière autour du défunt, pour la mise en bière, pour le mot d'accueil à l'église, pour la sépulture.

Dans la célébration à l'église, il est bon que le prêtre ne soit pas seul. Car il y a, au moins, deux fonctions à remplir :

- présider la célébration en dirigeant la prière, en accomplissant les rites liturgiques, éventuellement en célébrant l'Eucharistie, d'une part ; dans cette mission, le célébrant fait face à l'assemblée ;

- être auprès de la famille et jouer un rôle d'accueil et de soutien auprès d'une assistance émue et souvent peu habituée à se retrouver dans une église. Sans rien enlever au célébrant, un ou plusieurs laïcs sont tout à fait à même de remplir cette fonction en effectuant les lectures et en favorisant la prière et le chant. C'est d'ailleurs déjà le cas dans bien des lieux.

Il ne faudrait pas, non plus, oublier le petit groupe de chanteurs et de chanteuses qui, bien souvent, se déplace d'un clocher à un autre pour soutenir la prière : quelqu'un du groupe pourrait dire qu'ils sont là, non pas en service commandé, mais pour prier à l'intention du défunt et s'associer à la peine de la famille.

Dans mon diocèse d'origine, avant même la Seconde Guerre mondiale, les prêtres avaient reçu l'ordre de ne plus aller au cimetière : vu l'emplacement de la plupart des cimetières parisiens, il fallait compter deux bonnes heures. La mesure se justifiait. Quand le cimetière entoure l'église, il serait mal venu que le prêtre rentre à la sacristie pendant que tout le monde accompagne le corps du défunt jusqu'à sa tombe. Je n'ai donc pas l'intention de formuler d'interdits, du genre : « Ce sont toujours les laïcs qui doivent faire ceci ou cela... » ou, inversement : « Les prêtres ne doivent jamais... »

J'ai employé jusqu'ici le mot « prêtre » pour faire court mais je n'oublie pas les diacres. Les diacres aiment souvent dire qu'ils sont des « ministres du seuil ». S'il y a un seuil qui est difficile à franchir, une situation qui nous ramène à la commune pauvreté de la condition humaine, c'est bien la mort et le deuil : ne sont-ils pas des réalités humaines à évangéliser ?

La célébration des obsèques

Qui de nous n'a pas entendu dire : « Vous savez, à tel endroit, ce sont les laïcs qui font les enterrements » ? En rigueur de termes, que les prêtres ne fassent pas les enterrements n'est pas une nouveauté, car les prêtres ne sont pas des employés des Pompes funèbres, si nécessaire et digne de respect que soit cette profession avec laquelle il faut collaborer en confiance. Les gens veulent dire : « À l'église, il n'y avait pas de prêtre. » En 2003 et 2004, les archevêques de Toulouse et d'Auch ont publié des textes donnant des orientations à ce sujet.

Sans faire preuve d'originalité, voici quelques orientations.

1) Il n'y aura pas de mesure générale disant que, désormais, les obsèques seront assurées par les laïcs. Même là où cette pratique s'amorcerait, elle ne pourrait être généralisée : il y aura toujours des situations, particulièrement douloureuses, dans lesquels le pasteur devra fortement s'impliquer, sous peine d'être accusé de dérobade devant le scandale du mal et l'apparente absence de Dieu : suicides, accidents, morts d'enfants ou de parents encore jeunes, etc.

2) Il faut qu'il apparaisse que, dans tel cas précis, c'est la nécessité qui amène à cette solution. Les personnes éloignées de la vie habituelle de l'Église (c'est-à-dire la majorité des Français) ne connaissent pas bien sa situation et sont portées à croire que les prêtres ne sont pas très courageux au travail et qu'en dehors de la Messe du dimanche, ils n'ont pas grand chose à faire. Évidemment, c'est faux mais les préjugés ont la vie dure : faisons attention de ne pas les renforcer.

3) Si le curé d'une paroisse juge souhaitable que quelques personnes soient habilitées à animer le temps de prière à l'église, il en parlera avec son responsable de secteur et avec le vicaire épiscopal chargé de sa zone. Il faut trouver l'équilibre entre la diversité des pratiques et l'anarchie.

4) À cette fin, un prêtre ou un diacre n'ira pas présider des obsèques en dehors de sa paroisse, à moins d'y être appelé par le curé ; il ne présidera pas non plus, dans son église, les obsèques d'une personne étrangère à sa paroisse, à moins d'y avoir été formellement autorisé par le curé de la paroisse où habitait cette personne.

5) Quand des noms seront retenus, on veillera à leur formation et, le moment venu, le vicaire épiscopal leur confiera la mission, pour un temps déterminé, au cours d'une célébration dominicale. Ils recevront des recommandations sur la tenue, le déroulement d'ensemble de la célébration, les signes, les prières, les gestes.

6) Il conviendra de bien prévenir les agences de pompes funèbres qui interviennent le plus fréquemment dans la paroisse en question.

7) Un laïc ne sera jamais seul pour animer un temps de prière à l'église : le risque serait trop grand d'être confondu avec le prêtre.

8) Entre l'annonce du décès et le jour de l'enterrement, le prêtre s'arrangera pour prendre un contact personnel avec la famille, ne serait-ce que par un appel téléphonique ou un message manuscrit. Quelles que soient ses occupations, c'est une priorité. Nous ne pourrions pas prêcher le respect des personnes et l'attention aux plus petits et, simultanément, ne pas faire signe à une famille éprouvée par la mort d'un de ses membres. Il faut savoir que, dans ces circonstances, les familles sont particulièrement sensibles : un geste les touche ; une maladresse les heurte violemment. La moitié des lettres de plainte que reçoivent les évêques concerne des obsèques mal vécues par l'entourage.

La période de deuil après les obsèques pose, elle aussi, problème. Dans bien des cas, la famille est dispersée et il n'y a pas de suite. Cependant, la paroisse doit tendre une perche (par exemple en proposant de l'aide si c'est nécessaire) pour que les personnes qui ont été les plus ébranlées par un décès puissent trouver un appui durable. Les laïcs qui ont participé à la préparation des obsèques apporteront un concours précieux.

Prier et célébrer l'Eucharistie à l'intention des défunts

Dans certains cas, un petit groupe peut se constituer, pour un temps, avec des personnes dont le deuil est particulièrement douloureux (veuvage, perte d'un enfant). Au minimum, même si elle ne prend pas l'initiative de la demander, la famille peut être invitée à une Messe en bout de mois ou en bout de l'an. Il est souhaitable d'inviter les familles endeuillées à une Eucharistie dominicale du mois de novembre.

J'ai tenu à commencer ces réflexions en parlant de la personne qui meurt comme la première concernée. Je terminerai de la même façon. L'intention principale de l'Église dans sa pastorale de la mort est d'intercéder pour les défunts. Prier pour les défunts, c'est attester qu'ils ne sont pas tombés dans le néant. S'ils avaient totalement cessé d'exister, la prière à leur intention n'aurait aucun sens.

La forme suprême de la prière chrétienne est l'Eucharistie. Comment le sacrement de la mort et de la résurrection du Christ n'aurait-il pas sa place quand il est question, justement, de la mort ?

Les attitudes des prêtres quant à la célébration de l'Eucharistie lors des obsèques sont nettement tranchées. Les uns célèbrent la Messe, sauf si... Les autres ne célèbrent pas la Messe, sauf si.... Pour l'attitude restrictive, on met en avant le fait que le défunt n'allait pas à la Messe et que l'assistance n'y va jamais. Ce à quoi les tenants de la position inverse objectent que la Messe n'a pas pour objet le contentement de l'assistance mais l'intercession pour le défunt.

Je crois qu'il ne faut pas trop se laisser impressionner par les phrases telles que : « Nous demandons juste une petite bénédiction », « il ne faut pas que ce soit trop long ». Les motivations sous-jacentes sont multiples : peur du prix ; discrétion ; affection limitée pour le défunt ; sentiment de gêne parce que l'on n'est pas soi-même pratiquant... Si Jésus s'était laissé impressionner par les premières réponses de la Samaritaine, le dialogue n'aurait pas été bien loin...

Saint Augustin rapporte cette parole de sa mère, juste avant sa mort : « Enterrez mon corps n'importe où : que cela ne vous donne aucun souci. Je vous demande seulement de vous souvenir de moi à l'autel du Seigneur, partout où vous serez ». La tradition de la célébration de l'Eucharistie pour les défunts n'est donc pas chose récente. Elle a même son annonce dans le judaïsme tardif.

Si les obsèques ne comportent pas de Messe et, évidemment, si les obsèques ne sont pas présidées par un prêtre, il faut dire clairement qu'une Messe sera célébrée à l'intention du défunt : une Messe de semaine avec quelques personnes ou la Messe d'un dimanche suivant. Évidemment, le célébrant n'omettra pas d'y nommer le défunt. Cela se pratique déjà dans certains lieux. La participation des familles est inégale : les relations avec des laïcs de la paroisse jouent un rôle décisif à cet égard. Même s'il y a peu de chances que la famille vienne, l'invitation doit être faite par écrit et/ou par oral. Le semeur ne s'est pas limité à la bonne terre où, statistiquement, il était à peu près sûr que la graine germerait.

(*) Texte du secrétariat de Mgr Jacques Perrier.