Coeur du Sundgau > Lire un article > SUR les PAS de SAINT FRANCOIS
le 09/03/2016 à 11:32
Rencontres pour la préparation au Baptême -
Les parents ayant un projet de Baptême pour leur enfant sont invités à s'inscrire au Presbytère de Hirsingue et à participer à une rencontre, les premiers mard...
le 08/04/2014 à 19:48
A SAVOIR ! - Renseignements Pratiques
  Quelques RENSEIGNEMENTS PRATIQUES   PERMANENCES au Presbytère de HIRSINGUE :     mardi après-midi, de 15 H à 17 H     mercredi...

LES PAROISSES
ORGANISATION GENERALE DE LA PAROISSE
EGLISE
Des Gestes pour le Baptêmes
Démarche à faire pour le Baptême
BENEDICTIONS ARBRES de la RECONNAISSANCE
RENTREE SCOLAIRE 2013-2014
LA REGLEMENTATION FUNERAIRE
CHRONIQUES PASTORALES
CHRONIQUES PASTORALES 2
LES PAROISSES !
LA VIE PAROISSIALE 2
MCR Mouvement Chrétien des Retraités
LA COMMUNAUTE DE PAROISSES
OBSEQUES en COURS sur la Communauté
DYNAMIQUE DIOCESAINE
PASTORALE des ENFANTS
CONCILE VATICAN II - 50 ans
LE MARIAGE !
LE BAPTEME en Eglise
PASTORALE de la SANTE
INFORMATIONS PASTORALES
LETTRE PASTORALE de notre Archevêque
EAP EQUIPE ANIMATION PASTORALE
LES SACREMENTS
LA VIE PAROISSIALE
BOUGE TON EGLISE
HOMMAGE à nos BENEVOLES !!!
LA PASTORALE DES JEUNES
LE SAVIEZ VOUS ?
CARITAS Equipe Locale
ART SACRE FELDBACH
AIR du TEMPS ?
LITURGIE
Servants d'Autel / enfants de Choeur....
CONSEILS de FABRIQUE
CPM CENTRE de PREPARATION aux MARIAGES Haut Rhin
CITATIONS du MOIS !
JEAN PAUL II
CMR CHRETIENS en MONDE RURAL
PRIERES pour Aujourd'hui !
HISTOIRE du DIOCESE de STRASBOURG
SOUVENIRS
ARCHIVES
SUR les PAS de SAINT FRANCOIS       

SUR LES PAS DE SAINT FRANCOIS

Articlepublié par le journal LA CROIX du 1er octobre 2013 par Anne-Lise DAVID, journaliste.

On connaît l’intimité de saint François avec les oiseaux et tous les éléments de la nature, mais rien n’est dit de ses rapports avec les araignées, ces pauvres dentellières mal aimées. Je me souviens du temps où le simple fait d’en voir une en ombre chinoise pouvait me jeter dans l’effroi. C’était avant, lorsque j’étais citadine. Depuis, les progrès sont nets et – avis aux arachnophobes – rien de tel que de les observer patiemment de près, c’est-à-dire jours après jours, pour vaincre progressivement sa terreur et finir par les aimer.

Aujourd’hui, je comprends mieux l’histoire de ce compagnonnage poignant entre un prisonnier et l’une de ces délicates solitaires au fond du cachot. La petite bête, par la force de l’habitude, venait jusqu’à l’extrémité des doigts du détenu cueillir quelques infimes reliefs de repas et repartait avec ses minuscules courses au cœur de la pénombre. Le jour où l’animal ne se présenta plus, après une fréquentation assidue réglée comme du papier à musique, ce fut un drame : la matérialisation palpable du désert absolu, du vide sidéral. Aujourd’hui, je comprends le cœur de cette relation.

Bien souvent, nous sous-estimons l’intelligence des animaux, parce qu’ils se bornent à nous servir. Certes, pour les plus familiers d’entre eux, chats ou chiens, nous les nourrissons et ils ont fini par prendre le pli de cet apprivoisement séculaire, mais ce qu’ils nous apportent en vérité est tellement entré dans nos mœurs que c’est tout juste si nous y prêtons attention. Que ferait cette vieille dame sans son « Loulou » qui la suit partout en claudiquant dans ses jupes de façon presque mimétique, qu’elle rabroue ou qu’elle cajole et à qui elle cause du matin au soir ? Elle l’entretient de sujets dont le chien se fiche probablement royalement mais qu’il est là pour entendre comme un vieux conjoint… C’est une vie de chien : une bonne, généreuse et charitable vie de chien. Les chats ne sont pas en reste. Pour nos frères les oiseaux, nous les connaissons à peine mieux que les araignées. Les pigeons citadins que nous détestons pour leurs fientes ont une intelligence à laquelle nous donnons peu de marge pour se manifester, tant le dégoût prend le pas sur un vrai regard. Ne parlons donc pas de l’araignée, l’artiste maudite. Et pourtant, en faisant silence et en observant, on est conquis. Il faut prendre le temps d’observer pour aimer.

Ce qui m’a retournée comme un gant, ce sont les techniques d’intimidation de ces petites bestioles (le calibre « 8 » des araignées n’est pas encore à ma portée). L’une d’elle, s’étant aperçue qu’un œil de cyclope se penchait sur sa toile, entreprit une telle danse de Saint-Guy qu’elle provoqua des ondes de vibrations du cœur de cette toile jusqu’à sa périphérie. Son corps, rapidement transformé en languette de guimbarde, devint flou, rendant impossible une vision précise de la proie qu’elle se figurait être devenue. Une autre, me voyant sans doute dans le même format que la précédente, se jeta littéralement dans le vide comme on saute à l’élastique… Ce qu’il y avait de comique dans cet « adieu, monde cruel ! » me la rendit très sympathique. Que dire de cette autre, peut-être plus grosse, qui, se croyant perdue, c’est-à-dire coincée sous la cloche d’un verre de cuisine qui faisait loupe et me permettait de mieux la voir, se mit sur le dos, recroquevilla ses pattes et fit celle qui était morte depuis deux ou trois heures et comptait bien le rester tant que mes deux yeux devenus démesurés ne lâcheraient pas sa nudité… Toutes ces saynètes m’ont attendrie et permis de mieux les voir en vérité. Par cette connaissance, j’ai pu accéder à une sorte de tendresse qui me permet de tolérer leur présence, et elles la mienne.

Nul besoin de thérapie pour vaincre une phobie. Il suffit de trouver le moyen de faire place à un vrai regard pour voir vivre. L’observation de la vie, de ses singularités et de ses beautés, est le meilleur moyen de dépasser la peur. Saint François est l’un de nos saints les plus pénétrants, car le monde et les animaux sont aimables – aussi.

On connaît l’intimité de saint François avec les oiseaux et tous les éléments de la nature, mais rien n’est dit de ses rapports avec les araignées, ces pauvres dentellières mal aimées.