Coeur du Sundgau > Lire un article > Le mariage pour Tous !
le 08/06/2018 à 14:15
Insriptions 1ère Communion - Rappel
Il est encore possible d'inscrire les enfants nés en 2010 au parcours de préparation à la Première Communion: jusqu'au 31 juillet 2018 au presbytère de Hirsingue ...
le 29/10/2017 à 21:36
Visite pastorale autour de la tente de la Rencontre - A FELDBACH, du 16 au 22 JUILLET 2018
Rencontres sous la Tente de la Rencontre, du lundi au vendredi. Le curé vous attend, pour vous écouter et échanger avec vous. Rencontres avec les visiteurs de malades, aidants, ....

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Le mariage pour Tous !      

A Propos du mariage pour tous !

grallet2Chers confrères et coopérateurs,

À plusieurs reprises, des prêtres, des coopérateurs de pastorale et des diocésains m’ont interrogé : que dites-vous sur notre société d’aujourd’hui et sur les projets sociétaux ?
Et nous, que pouvons-nous dire et que pouvons-nous faire ? Beaucoup de questions ont été posées à propos du projet gouvernemental "le mariage pour tous".

Je vous livre donc quelques informations et éléments de réflexion. Depuis plus d’un an, les évêques et les services pastoraux de l’Église de France ne sont pas restés silencieux.

A) L’Église est soucieuse de tous les aspects de la vie sociale

"Élections, un vote pour quelle société ?". Cette déclaration, en date du 3 octobre 2011, du Conseil Permanent de l’Épiscopal Français, ouvrait bien l’horizon des chrétiens à tous les aspects de la vie sociale, citant treize aspects importants : la vie naissante, la famille, l’éducation, la jeunesse, les banlieues et cités, l’environnement, l’économie et la justice, la coopération internationale et l’immigration, le handicap, la fin de vie, le patrimoine et la culture, l’Europe, la laïcité et la vie en société. On le voit, on ne peut traiter un sujet sans se préoccuper des autres : l’Église ne cesse de rappeler l’importance du Bien commun auquel sont subordonnés les intérêts particuliers. En citoyens responsables, les chrétiens ont à œuvrer pour une société de fraternité et de justice.

B) Le projet "mariage pour tous", nécessite un débat large et serein.

C’est ce à quoi les Évêques de l’Est de la France –dont je suis– ont appelé, le 17 octobre dernier. En voici le texte :

"Le 31 octobre prochain, le Conseil des ministres va se saisir du projet de loi visant à ouvrir le mariage aux personnes de même sexe. L'adoption de ce projet transformerait une institution structurant la société depuis des siècles, ce qui ne peut laisser indifférent aucun citoyen. Des membres d'autres confessions chrétiennes, d'autres religions mais aussi des groupes de réflexion et des personnalités compétentes s'interrogent. Est-il possible de prendre une telle décision sans qu'un débat n'ait lieu à l'échelon national?
Les arguments qui veulent légitimer le mariage des personnes de même sexe, reposent en général sur deux points : l'amour et la non-discrimination.

Concernant la question de l'amour, nous comprenons que des personnes du même sexe puissent s'aimer. Mais alors faut-il institutionnaliser une forme particulière d’amour dans la société ? Si le mariage a été institué, c’est pour garantir la stabilité sociale et la filiation.
Concernant le second point, celui de la non-discrimination, il faut rappeler que le mariage a toujours été compris comme l'union d'un homme et d'une femme (cf. article 12 de la Convention européenne des droits de l'homme). Permettre le mariage de personnes du même sexe, c'est donc changer la définition du mariage lui-même.
Une des conséquences concrètes, déjà prévue dans le projet de loi, que nous nemesurons peut-être pas encore, c'est le remplacement de la notion de "père" et de "mère" dans l'état civil au profit des notions artificielles et finalement discriminatoires de "parent 1" et de "parent 2".
Dans une société déjà déstabilisée, en quête de repères, avons-nous besoin de porter atteinte à la famille, cellule structurante de la société, et au rôle fondamental du père et de la mère ? Le grand oublié de ce projet n'est-il pas l'enfant ? En voulant donner le "droit à l'enfant" à certains, n'en vient-on pas à nier les droits de l'enfant lui-même ?

Nous renouvelons notre appel aux responsables politiques du pays, afin qu'un large débat ouvert et serein puisse avoir lieu sur ce sujet fondamental. Nous encourageons toutes les initiatives constructives de nos concitoyens en ce sens. Nous appelons les membres de nos communautés à apporter leur contribution à ce débat".

Ce texte a été envoyé à tous les députés et sénateurs d’Alsace.

Cet Appel faisait écho à celui de notre Conseil "Famille et Société" de la Conférence Épiscopale Française, qui invitait à ouvrir, avec loyauté, le débat. Refusant toute homophobie, il incite à une écoute respectueuse des personnes homosexuelles. Cependant, ce Conseil demande : élargir le mariage aux personnes de même sexe ? Ouvrons le débat !(cf. www.eglise.catholique.fr).

La question d’aujourd’hui pose donc un double défi : d’une part, respecter et protéger toute personne –en l’occurrence, ici, la personne homosexuelle– et, d’autre part, protéger et respecter la famille, les parents, les enfants et leur juste place dans la vie sociale.

Pour ma part, lors de la Messe pour la France, en juillet dernier, j’avais invité les chrétiens, les citoyens et les élus à protéger la famille :

"La famille est le premier lieu de l'apprentissage de la vie, de la tendresse, de la foi, de la responsabilité, du vivre ensemble. Que de familles, hélas, sont éprouvées, en difficultés économiques, en rupture, en recomposition ! Il convient d'en tenir compte et de les aider, comme il faut aider les couples stables à tenir dans la durée. Lorsque Dieu créa l'être humain, il le créa "homme et femme", selon une complémentarité biologique et sociale. "La différence sexuelle de l'homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain, rappelle notre Conseil Permanent. De plus, l'union de l'homme et de la femme scellée dans le mariage est le moyen le plus simple et le plus efficace d'accompagner le renouvellement des générations et d'accueillir les enfants pour les introduire en ce monde… À travers les enfants que porte et éduque la famille, c'estl'avenir et la stabilité de la société qui sont en jeu !"

Veillons, dans les débats dans lesquels nous entrons et à travers les mots que nous utilisons, à ne pas brouiller les repères fondamentaux. L'égalité légitime des droits n'est pas l'uniformisation et l'indifférenciation des situations. L'expérience de la différence et de la complémentarité de l'autre est structurante pour chacun. Il n'y a pas de fécondité sans altérité et sans stabilité".

C) Tout chrétien responsable est appelé à être citoyen responsable !

Dans son discours de clôture à Lourdes, le 8 novembre dernier, le Cardinal Vingt- Trois, Président de la CEF, rappelait : "Dans le cadre de la légalité et dans le respect des personnes, de nombreuses initiatives sont prises par nos concitoyens, croyants ou non, pour s’opposer au projet du gouvernement dans son état actuel. Beaucoup de catholiques s’engagent dans ce sens avec des personnes d’autres courants de pensée ou d’autres religions. Par-delà les clivages politiques, légitimes dans une démocratie, il s’agit bien d’un engagement pour la promotion d’un bien commun pour notre société. Que les catholiques de notre pays sachent que leurs évêques les encouragent à parler, à écrire, à agir, à se manifester… Ils ont le droit de témoigner de ce qui, dans la lumière de notre foi et selon la logique de la raison et du bon sens, leur semble essentiel pour le présent et pour l’avenir".

Il n’y a pas de christianisme sans vie sociale. Notre foi en Dieu nous engage à servir nos frères et sœurs en humanité, à nous préoccuper des conditions justes de leur vie. Les chrétiens doivent donc s’engager au sein de la société. Quant aux évêques et responsables religieux, ils n’ont pas à se substituer aux fidèles laïcs dans leur responsabilité propre : "Il revient aux laïcs, nous confiait le Pape (Rome, Visite ad limina, novembre 2012), la tâche spécifique de l’animation chrétienne des réalités temporelles au sein desquelles ils agissent de leur propre initiative et de façon autonome, à la lumière de la foi chrétienne". Tout chrétien est donc invité à s’exprimer en citoyen soucieux du bien de tous, et à éviter les assimilations politiques et confessionnelles : ce qui se joue dans le débat du "mariage pour tous" intéresse tout citoyen, de quelque horizon qu’il vienne !

Chers confrères et collaborateurs, j’espère que ces propos ont élargi notre réflexion à toutes les dimensions de notre vie humaine. À Noël, c’est toute notre humanité que Dieu est venu rejoindre.

Bien fidèlement vôtre,

+ Jean-Pierre GRALLET
Archevêque de Strasbourg